Sois forte, Lucia

C'est l'histoire d'un double amour. Amour de Lucia pour
un homme, le beau Mikel, qui l'adore ; amour pour le
peuple basque auquel tous deux appartiennent et dont le
sombre destin va marquer l'union des amants du sceau
de la tragédie. Roman politique ? Assurément. Mais ce
serait mutiler l'ouvrage de Marie José Basurco que de le
réduire à cette dimension. Son fil rouge, c'est la quête
obstinée du bonheur qui ne cesse d'animer Lucia.
Deux enfants naissent en 1934 et 1935. Tout va bien.
Mais la révolte des Asturies, cruellement réprimée par
Franco, frappe les trois coups d'un drame qui n'aura plus
de fin. Lucia - et c'est là sa grandeur - n'abdique pas devant
l'événement. Son goût des choses de la vie résiste à
la lente et irrésistible montée des forces de mort.
L'Exilée avait révélé le grand et singulier talent de Marie
José Basurco. Alors que le roman français sombre dans
les eaux tiédasses du nombrilisme, elle lance ses personnages
sur la houle océanique de l'Histoire. Elle sait tricoter
ensemble l'intime et le public, la recherche têtue du
bonheur et le fracas de l'événement saccageur de la vie.
Gilles Perrault