Le repas : la main tendre des dieux

Au mariage d'une de mes amies qui épousa un africain, sa
famille s'opposa farouchement à ce que les parents du mari
apportent un repas de chez eux. Suite à de houleuses tractations,
ils réussirent, tout de même à y introduire quelques plats,
parallèlement à ceux du traiteur. A la fin, il n'y resta pas une
miette dans les casseroles africaines tandis que les jolis plats du
traiteur attendaient encore. Quant à l'africain, il n'apprécierait
pas outre mesure la cuisine européenne, malgré ce côté alléchant :
«Mon palais a été élevé aux saveurs africaines, je préfère mon
poisson salé cuit aux braises et mes mabokés avec du bon
manioc». Pourtant, le jour où une connaissance de mon père eut
l'occasion d'aller dîner chez les missionnaires suédois, il n'hésita
pas à glisser un morceau de viande dans sa poche pour que ses
enfants en partagent le bon souvenir.
C'est cela l'histoire du repas. Celle-ci est complexe parce
qu'elle allie plaisirs et passions, préjugés et partages, amour et
trahison, des sensations à la fois spirituelles et physiques. C'est
en cela qu'elle constitue un sujet fascinant depuis la nuit des
temps.
Ce livre s'adresse à toutes catégories de personnes, il exige
toutefois d'avoir avant tout une passion pour la cuisine, mais
aussi une vision multiculturelle.
L'originalité de ce livre est que l'auteur a su allier le spirituel
au physique pour constituer un ensemble qui amène le lecteur
vers une véritable remise en question de lui-même et de son
environnement. Il peut aussi servir d'indicateur auprès du
monde socio-économique.