De la porosité des secteurs public et privé : une anthropologie du service public en Méditerranée

Une véritable crise affecte les fondements mêmes du concept
de service public : au fur et à mesure que les services publics
s'émancipent du contrôle administratif et remplissent des
fonctions commerciales, la frontière avec la sphère privée se
brouille ou se réduit. Dans le même temps, le secteur privé
s'empare des logiques et des missions autrefois réservées au
secteur public. Ainsi se font jour, par exemple, des actions du
secteur associatif qui tentent d'infléchir les politiques publiques.
À partir de recherches de terrain menées sur les deux rives de
la Méditerranée - Algérie, Cisjordanie, France, Italie, Maroc - cet
ouvrage montre comment se matérialise l'enchevêtrement des
secteurs public et privé dans le quotidien des travailleurs. Il met
l'accent sur les conséquences pour les usagers/clients, sur la
redéfinition des métiers, et sur les répercussions au niveau des
rapports sociaux et des représentations, au-delà de la sphère
professionnelle. À partir d'un panorama de divers secteurs
du service public, dans différents pays méditerranéens, cet
ouvrage dévoile l'éventail des possibles, la richesse, ainsi que
la complexité de la porosité des secteurs public et privé. Cette
porosité renvoie à l'évolution des entreprises publiques et des
métiers qui lui sont afférents ( transformations ), à la cohabitation
de statuts privés et publics au sein d'une même entreprise
( cohabitation ), à l'émergence d'initiatives privées locales
soutenues par le secteur public ( initiatives ), jusqu'à la prise en
charge par le secteur privé de missions traditionnellement
dévolues au secteur public ( carences ). Les auteurs apportent
ainsi dans cet ouvrage la pertinence du regard rapproché des
miniatures ethnographiques.