Cent milliards de neurones en quête d'auteur : aux origines de la pensée

Prolongeant son Abrégé de psychologie buissonnière qui aborde le
problème de l'articulation entre corps et esprit, l'auteur approfondit ce thème
récurrent en s'interrogeant sur les incertitudes qui demeurent dans la compréhension
de leurs rapports et en les explorant. Le débat qui persiste entre ces deux
entités se stérilise bien souvent dans un combat inégal en raison de leur hétérogénéité
non reconnue. Freud, Bergson, Ricoeur, Merleau-Ponty, Staune, mais aussi
Jacques Monod, Changeux, Rosenfield, Kandel, Edelmann ont abordé ce
problème, de façon très diverse.
L'esprit est hébergé par le corps, qui ne le contient ni ne le crée. Et si l'on voit
mal qu'il puisse s'en détacher, on n'en est pas moins forcé de reconnaître qu'il en
est autonome. Au contraire de son hôte, essentiellement déterminé par des
mécanismes biologiques utilitaires faisant le bonheur de la science qui les traque,
il est imprévisible et il exerce une liberté et une gratuité que le corps peut lui ravir
par accident ou par maladie, mais non lui disputer.
À l'heure où l'on claironne que les techniques nouvelles permettent de voir
l'esprit en action et d'affirmer que le cerveau pense , l'auteur tient que l'avancée
spectaculaire, certes brillante, mais partielle des neurosciences cognitives en ce qui
concerne le cerveau, s'achoppe au boulet matérialiste qui la plombe et l'empêche
de s'envoler en ce qui concerne l'esprit.