Productivité et régulation : processus de valorisation différentielle du travail et théorie de la répartition

La diversité des commentaires auxquels ont donné lieu les théories de Marx et de Ricardo, relatifs au problème de la valeur, des prix et de la répartition pourrait laisser une impression d'épuisement total du sujet au point qu'il serait présomptueux de prétendre encore y découvrir des choses nouvelles qui déboucheraient, pourquoi pas, sur des problématiques originales. Or, certaines pistes n'ont jamais été empruntées par les économistes modernes post-classiques (marxistes, régulationnistes, institutionnalistes ou néo-ricardiens) comme la redéfinition de la théorie marxienne de la valeur par le travail socialement nécessaire en termes de processus de valorisation différentielle du travail. Reformuler grâce à cela l'ensemble de la théorie marxienne et classique en la faisant accéder à un ordre de rationalité plus générale qui est celui d'un modèle de productivité différentielle, telle est l'ambition de cet ouvrage. C'est à ce titre que, notre démarche visera à mettre en évidence une contradiction fondamentale contenue au sein de la théorie marxienne qui veut qu'à partir de la définition du travail socialement nécessaire comme valeur moyenne, la plus-value soit intrinsèquement relative à différentiel de productivité physique (principe de plus-value différentielle). La mise en évidence d'une relation non inverse entre salaire et profit en valeur réelle et au plan micro-économique (théorie de la plus-value différentielle et paradoxe de Bernstein) comme l'importance déterminante de la productivité différentielle sur la rentabilité du capital constituent deux des thèses principales de ce modèle dont les deux premières parties sont ici livrées au public. A l'heure où les politiques de réduction du temps de travail (loi sur les 35 heures) sont mises en oeuvre pour lutter contre le chômage, et à l'heure où une nouvelle économie est en voie de s'imposer sur la hase d'un nouveau progrès technique, il est urgent de comprendre ce qui fonde le primat de la productivité et du développement des forces productives au sein du processus de croissance économique de long terme.