Les Quatre-Vallées : Aure, Barousse, Neste, Magnoac : essai historique. Vol. 1

Plusieurs régions dans les Pyrénées portent le nom de
Quatre-Vallées. Il ne s'agit en général que d'une
appellation toute locale. Une seule est retenue par l'Histoire :
celle qui fait l'objet du présent travail et dont les parties
constituantes sont : la vallée d'Aure, la vallée de Barousse,
la vallée de Neste, la vallée de Magnoac. À l'exclusion de
cette dernière, qui ne présente d'ailleurs aucun des caractères
géographiques d'une vallée, les trois premières, incluses dans
le bloc des Pyrénées centrales, ne se distinguent en rien de
leurs voisines jusqu'au X<sup>e</sup> siècle et en suivent le sort. Il faut,
pour leur donner une individualité, la création du comté
d'Aure. Ainsi se fait leur entrée dans l'Histoire.
Le nom en est divers au cours des âges ; comme aussi les
frontières. Il ne saurait être question, au début du moins, d'un
pays bien déterminé. Sans désignation propre, sans limites
précises, il n'est d'abord qu'un groupe de vallées juxtaposées :
Aure, Louron, Larboust, Oueil, Barousse et Neste.
Les Romains l'engloberont dans cet ensemble beaucoup plus large, que,
sous le nom de Convenae , ils assembleront, autochtones et déportés d'Ibérie
mélangés, dans le bassin supérieur de la Garonne.
Au X<sup>e</sup> siècle, le comté d'Aure naît. Mais rapidement il se démantèle. Vicomté
de Labarthe au XIII<sup>e</sup> siècle, il n'est plus traité que de baronnie, quand, fin du
XIV<sup>e</sup>, la maison locale éteinte, le domaine, émietté par la féodalité, passe aux
comtes d'Armagnac, lesquels à leur tour disparaissent un siècle plus tard.
Le pays se rattache alors à la Couronne de France. Une fois de plus, le nom
change. Les documents usent parfois encore du titre de baronnie de Labarthe,
ou de Magnoac, ou même de Barousse. L'appellation officielle devient État
des Quatre-Vallées, jusqu'en 1790, date à laquelle la réorganisation administrative
du royaume raye le nom et annexe les vallées au département des
Hautes-Pyrénées, réduisant au rôle de chef-lieu de canton leurs modestes
capitales ( Préambule ).