Langage sans parole : la parure aux temps préhistoriques

Dès les premiers âges, les objets de parure sont un témoignage
capital sur des sociétés déjà complexes et capables d'abstraction.
Dents animales et coquillages sont utilisés tels quels ou
modifiés, perles, pendentifs, plaques pectorales sont façonnés
dans des matières variées, les sépultures ou les statuettes donnent
des indications sur la parure corporelle. Objets rares ou familiers
ils sont, comme dans toute les sociétés sans écriture, la trace de
symboles religieux, de hiérarchie des individus, d'appartenance à
des classes d'âge. Les plus éphémères de ces parures de la préhistoire
ont disparu. Mais il reste de nombreux objets : simples et
émouvants, comme ces galets ou ces coquillages ramassés soigneusement,
percés pour servir de collier ou être cousus sur les
vêtements et que l'on retrouve si loin de leur lieu d'origine qu'ils
révèlent de multiples mouvements dans de grands espaces ; ou
comme ces véritables oeuvres d'art en os ou en ivoire si comparables
à de l'art des grottes.
On porte aujourd'hui une grande attention à ces objets
longtemps méconnus. Leur étude est indispensable pour comprendre
ces sociétés millénaires, dont la parure, grâce à des codes
reconnus par tous, était un instrument de cohésion sociale et de
communication culturelle.