L'Europe contestée : espaces et enjeux des positionnements contre l'intégration européenne

Depuis les années 1980, les systèmes politiques des
pays européens subissent la pression de «formes politiques
émergentes» que les discours politiques, journalistiques
et parfois savants se sont accordés à interpréter en termes
de «populisme» et qui ont perturbé le jeu habituel de
la démocratie. Parallèlement, les avancées de l'intégration
européenne, surtout à partir du Traité de Maastricht de
1992, ont conduit à une généralisation de postures critiques
envers l'Europe. Nombre de partis politiques ont développé
des discours et des stratégies qui, parce qu'ils affirmaient
leur opposition à l'Europe, se sont traduits par un travail de
marquage partisan et de démarcation politique, restructurant
les espaces politiques.
Cet ouvrage examine la dimension européenne de
la consolidation des entreprises politiques «populistes»,
prend au sérieux, pour les comprendre, leur inscription
de plus en plus manifeste dans des espaces de compétition
politiques européanisés. Serait-ce là l'une des raisons de leurs
performances ? Ces partis en tirent-ils des ressources ? Une
identité nouvelle et spécifique ? Réunissant les contributions
d'auteurs de différentes nationalités, mobilisant des cadres
théoriques et disciplinaires diversifiés, et s'appuyant sur des
enquêtes de terrain, des statistiques ou des études d'histoire
politique et intellectuelle, cet ouvrage contribue autant à la
réflexion sur les processus d'européanisation qu'à celle sur
la manière dont les démocraties européennes sont affectées
par les succès répétés de formations identifiées comme des
menaces pour elles-mêmes.