Ecrans français de l'entre-deux-guerres. Vol. 2. Les années sonores et parlantes

Ecrans français de l'entre-deux-guerres. Vol. 2. Les années sonores et parlantes

Ecrans français de l'entre-deux-guerres. Vol. 2. Les années sonores et parlantes
2017258 pagesISBN 9782370290175
Format: BrochéLangue : Français

Écrans français de l'entre-deux-guerres

II. Les années sonores et parlantes

Une vision nouvelle de l'histoire du cinéma

L'irruption en France du cinéma sonore dans une profession peu préparée, amena un véritable

séisme. Léon Gaumont et Charles Pathé disparaissaient de la scène et laissaient la place à des

concentrations industrielles et commerciales d'ampleur inconnue auparavant. Après le quasi-échec des mesures de contingentement, industriels et financiers misaient sur la barrière de la langue pour protéger le cinéma français de l'ogre américain et lui permettre une véritable renaissance, malgré les craintes suscitées par le film parlant chez certains intellectuels et

artistes.

L'exploitation dut faire de gros efforts pour rénover un parc de salles vieilli et surtout inadapté

au cinéma sonore. Il fallut reconsidérer l'architecture intérieure des salles, rénover les ancien-

nes et en construire de nouvelles. À Paris, le nombre de cinémas augmenta de près de 81 %

entre 1929 et la guerre. Des architectes de talent, dont certains influencés par les courants

modernistes, profitèrent de ce nouvel élan en se spécialisant dans ce type de construction.

Sur fond de crise du capitalisme et de vifs antagonismes politiques, le cinéma devenait le loisir

numéro 1 des Français et son pouvoir médiatique, surtout depuis qu'il avait appris à parler,

renforça l'intérêt que lui portaient les grandes familles de pensée. Qu'il s'agisse de films de la

gauche, de l'Eglise, des Ligues d'extrême droite, ou des films de propagande coloniale, le

cinéma des années 1930 participa aux débats citoyens. Outre les meetings et les salles improvisées, les cinémas en furent les principaux témoins.

Malgré le développement du doublage qui rouvrit largement le marché français aux films

étrangers, malgré les fort nombreuses faillites du milieu des années 1930, le cinéma français

ne retomba pas dans sa léthargie. Il trouva sa voie dans une certaine forme de réalisme

poétique et fut souvent porté davantage vers le destin pittoresque d'êtres marginaux et solitaires

que vers la classe ouvrière elle-même.

Jean-Jacques Meusy, fidèle à sa démarche, a tenu à donner du cinéma des années 1930 une

image multiforme et contextualisée, centrée sur la salle de cinéma, lieu alors unique des

rencontres du public avec le 7<sup>e</sup> Art.

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