Jane et son monde, 1740-1840 : essai d'histoire locale et internationale

La muse du département dont Balzac a imaginé la vie dans le Sancerre
de la Restauration a eu une grande soeur (un modèle ?) dans le Sancerre
réel sous Louis XV et Louis XVI : une demoiselle de compagnie
anglaise y rejoint la colonie «écossaise» des exilés jacobites et épouse
un notable du pays. Elle s'appelle Jane Saunders. Eprise de littérature
et de spiritualité, et appréciée du poète William Cowper, elle publie
des lettres d'exilée dans une revue britannique. Elle a deux fils, camarades
d'enfance d'un autre «Ecossais de Sancerre», le futur maréchal
Macdonald. Celui-ci restera proche d'eux et facilitera leur carrière
dans l'administration napoléonienne. Les écrits de Jane gisent oubliés
dans un recoin de la British Library à Londres. Les lettres que
Macdonald envoya à ses enfants et petits-enfants ont été recueillies
(après quelles péripéties ?) par une université américaine, mais jamais
étudiées ou publiées.
Recherche anecdotique en histoire locale, ces pages se veulent une
approche de l'histoire globale à travers quelques témoins qui l'ont
vécue de plein fouet au temps des Lumières et du préromantisme, de
l'indépendance américaine et de la Révolution française, du piétisme
et du code Napoléon. C'est enfin l'occasion expérimentale d'une
réflexion sur le métier d'historien et ses instruments, sur l'alliance de
l'érudition et de l'imaginaire qui font de l'histoire une résurrection.