Bibliothèque nationale de France : Hébreu 763 à 777 : manuscrits de Kabbale

Ce volume offre le premier examen systématique de manuscrits de Kabbale
selon les principes novateurs qui sous-tendent l'ensemble de la collection. Il
met en évidence la richesse de ces manuscrits, leur très grande complexité et l'apport
de la méthode adoptée dans cette collection pour l'étude scientifique de la tradition
mystique juive.
Les manuscrits décrits dans ce volume furent produits en des lieux très divers
(Italie, France, Espagne, Maroc, Tunisie, Jérusalem, Ashkenaz) et sur une période
qui s'étend de la fin du XIII<sup>e</sup> siècle au début du XVI<sup>e</sup>. Dans cet ensemble composite,
ceux qui furent copiés en Italie du Nord, à la fin du XV<sup>e</sup> et au début du XVI<sup>e</sup> siècle,
par des mains séfarades ou italiennes, prédominent. Les textes sont le plus souvent
rédigés en hébreu ou en araméen, mais aussi, parfois, en judéo-arabe.
Comme dans la plupart des manuscrits de Kabbale, ces textes sont fort nombreux
(167 au total dans les manuscrits ici décrits), souvent fragmentaires ou mal distingués
dans la mise en page ; leur teneur est assez variée pour pouvoir être considérée
comme représentative de la très grande diversité de la tradition kabbalistique, de
ses rapports avec d'autres aspects du savoir (philosophie, exégèse, théologie), et de
la place qu'elle occupe dans l'ensemble de la littérature juive médiévale. Parmi ces
textes, certains furent largement diffusés, d'autres moins, la copie de la Bibliothèque
nationale de France étant parfois l'unique exemplaire conservé ; d'autres enfin -
une grande partie de ceux qui sont décrits dans ce volume - sont anonymes ou
d'attribution incertaine : pour ces derniers, la description de la copie s'accompagne,
dans la mesure du possible, d'un examen critique permettant d'envisager leur
identification. Dans certains cas, cette identification est explicitement proposée.
Dans tous les cas, l'analyse du contenu textuel est effectuée à la lumière des
données conjointement offertes par l'examen codicologique et paléographique, par
la comparaison avec d'autres témoins et par la bibliographie existante.
L'examen de ces manuscrits met en évidence certaines modalités pratiques et
intellectuelles de l'étude de la Kabbale au Moyen âge et à la Renaissance par les
juifs, et parfois même par des chrétiens. Il devrait contribuer au progrès des études
relatives à la Kabbale en soulignant la nécessité de toujours prendre en compte la
matérialité des manuscrits dans l'examen des textes, des idées, et de leur histoire.