Géographie et cultures, n° 56. Espace, échanges et transactions

Les lieux et les territoires auxquels s'intéressent les géographes ne sont pas des
entités dont la valeur ou la qualité existe a priori, comme une émanation du milieu
naturel, de l'histoire, du caractère remarquable des habitants, ou encore des catégories
d'analyse des géographes. L'on pense plutôt que l'état et la qualité des lieux
sont contingents ; les lieux sans qualité ne sont-ils pas là pour nous le rappeler ?
Les hommes et les femmes, les relations qu'ils établissent entre eux, les processus
dans lesquels ils s'engagent, sont à l'origine de la production et de la qualification
des territoires. Aussi, penser en termes d'échanges et de transactions, c'est une
façon de se dégager du carcan du territoire, pour se pencher sur le mouvement qui
fait le territoire ; pour mieux saisir peut-être ce que l'on a tendance aujourd'hui à
nommer, abusivement, "composition, décomposition et recomposition" des territoires.
Dans ce numéro sont réunis des textes qui font état d'échanges et de transactions
(politique, culturelle, et entre la nature et la culture), à des échelles variées,
traitant de cas en Asie (Phnom Penh), en Afrique (Sénégal), en Europe (Catalogne),
en Amérique du Sud (Brésil).