Passerelle

«À l'heure du crépuscule, nous nous tenions devant la porte de
l'appartement, nos valises à la main. J'usais ma patience à chercher
le trousseau de clés, pestant, jurant, fouillant et refouillant dans mes
poches encombrées lorsque Clélia ouvrit la lettre. De cet instant,
de ce geste - l'acte anodin, presque insignifiant, de décacheter une
enveloppe -, notre couple sembla tanguer, telle une toupie prise de
vertige... L'évidence était là : Clélia était perdue, elle le savait, je le
savais.»
De retour d'un séjour à l'étranger, Clélia, avocate, apprend qu'elle est
atteinte d'une maladie très grave. Son mari, qui s'est habitué à vivre
dans son ombre, partage désormais son temps entre sa fille Noémie,
quatre ans, et ses visites quotidiennes chambre 123. Et tandis que
Clélia se dessaisit de ce qui fut sa vie, son mari entreprend, à la
première personne, un parcours obstiné vers le détachement.
Roman de la dérive et de l'abandon, Passerelle observe la mort sans
ciller. Un récit troublant, dérangeant, résonnant d'échos de Nick
Hornby et Julio Cortázar.