Jeanne

Jeanne est le roman d'une jeune bergère de La Marche,
native de Toull, antique cité gauloise, puis romaine, qui
est engagée comme servante à la petite ville voisine de
Boussac. Trois hommes la désirent : Marsillat, un avocat
en quête de bonnes fortunes paysannes, Guillaume de
Boussac, un jeune aristocrate mélancolico-rêveur,
sir Arthur, un riche Anglais au coeur noble. Ce dernier
ne souhaite qu'une chose, épouser la jeune fille, mais
elle se refuse obstinément au mariage au nom d'un voeu
qu'elle a fait autrefois. L'histoire se termine tragiquement
par la mort de Jeanne, qui, pressée ignoblement
par Marsillat, se précipite par une fenêtre pour lui échapper,
et qui ne survit que fort peu à la commotion.
Jeanne est «un coeur simple». À travers elle s'invente
une figure héroïque et symbolique du peuple. Fade et
pastoure, elle ouvre le monde à la poésie. Contre la
prose décevante de la société contemporaine, Sand avec
ce roman campagnard et socialiste atteste que «la mission
de l'art est une mission de sentiment et
d'amour».