Malaise dans la gendarmerie

Cet essai, préfacé par Michel Rocard s'est d'abord fixé pour
objectifs d'analyser, d'expliquer et de comprendre pourquoi toute
une collectivité militaire, repliée sur elle-même et qui vit enfermée
dans ses casernes avec femmes et enfants, en est arrivée à contester
une hiérarchie militaire qui craint que les autres armées ne
suivent ce qui est devenu un exemple. Il offre ensuite la chronique
des manifestations massives et exceptionnelles de toute la famille
«gendarmique» qui tente de résister tant à sa propre dislocation
qu'à la crise générale du sens dans notre société.
Parce que ces fils et ces filles de la «Grande Muette» ont acquis
une liberté d'expression rarement vue dans le monde militaire,
parce que ce sont eux qui, quotidiennement, «fabriquent» la
gendarmerie et parce qu'ils sont devenus en décembre 2001 des
acteurs, la démocratisation de la gendarmerie, au sens où l'entend
Alain Touraine, c'est-à-dire comme «la lutte de sujets, dans leur
culture et dans leur liberté, contre la logique dominatrice des
systèmes» , semble inéluctable.