L'art carolingien

De l'époque carolingienne, on retient souvent l'immense stature de
Charlemagne et le prestige de la dynastie qu'il inaugura. Volet initial d'un
triptyque culturel annonçant les âges roman et gothique, ce moment
artistique est longtemps apparu comme l'apogée de la création haut médiévale,
offrant la première grande définition des valeurs artistiques de l'Europe chrétienne.
La synthèse qui nous est ici présentée dresse un panorama de l'art de cette période,
mais va plus loin puisqu'elle en renouvelle l'approche. Elle se propose en effet de
replacer l'art carolingien au fil d'une progression de bien plus ample volée, en se
basant sur de nombreuses données inédites issues des recherches menées dans le
champ de l'archéologie paléochrétienne et des arts du «premier» haut Moyen Âge.
Ainsi, la prise en compte des prémices, avec les réalisations importantes du règne de
Pépin le Bref dès le milieu du VIII<sup>e</sup> siècle, mais aussi l'analyse des oeuvres produites
dans la mouvance de Charles le Chauve dans les décennies 840-870, ou encore
l'attention portée au mécénat des hauts dignitaires, conduiront à une sensible
réorientation de la réflexion sur le sujet. Enfin, l'accent mis sur l'étude de la finalité
des oeuvres permettra de mieux appréhender l'esprit des concepteurs de cet art.