Le livre des rêves : journal des années 1743-1744. Drömboken

Savant de réputation internationale, esprit cartésien et encyclopédique
comme en produisit le XVIII<sup>e</sup> siècle, Emanuel
Swedenborg (1688-1772) allait devenir, à la surprise de ses
contemporains, un des grands mystiques de l'Occident.
Après une nuit de visions et de révélations, il appliqua à la
pénétration des choses de l'esprit les principes et la méthode
qui l'avaient guidé jusque-là dans l'investigation du monde
matériel. Il rédigea alors quelques-uns des grands ouvrages
de spiritualité qui marquèrent l'Europe moderne. Ses écrits
eurent un tel retentissement qu'ils devaient inquiéter les philosophes
de son temps, dont Kant qui publiera les Rêves d'un
visionnaire , et inspirer à Balzac l'écriture de Séraphîta. Il
annonçait, entre autres, l'avènement d'une Église nouvelle
fondée sur ses propres révélations, ce qui lui valut d'être déclaré
hérétique.
Il se trouve qu'au moment crucial où se passa sa «conversion»
Swedenborg nota dans un carnet les rêves qu'il fit, suivis
des étranges interprétations qu'il en donna. Ces textes forment
la matière du Livre des rêves. Au-delà des explications
que pourrait en donner la psychanalyse, cet ouvrage propose
une vision poétique et mystique de la Rencontre avec l'Ange,
car si «le rêve est une seconde vie», ainsi que le disait Nerval,
Swedenborg y possédait la clef du Temple Céleste.