Neuf petites pièces

Neuf petites pièces
À la mort de sa grand-mère, Serena, la narratrice, hérite d'un appartement de neuf pièces situé à Bastia. Inspirée par les lieux de ses origines, poursuivant, à travers la trame de son histoire, le fil rouge énigmatique et terrifiant d'une tragédie personnelle, elle nous invite à partager son questionnement du réel et sa vision poétique du monde. Explorant la mémoire de ces pièces, au cours de l'écriture, elle nous livre de petites scènes du passé, souvent poignantes, parfois cocasses, dont la signification se trouve intimement liée au caractère des personnages, et finit par rassembler, parmi les souvenirs, drames et témoignages d'époques différentes.
Si l'acte notarié précise « neuf petites pièces », il ne dit pas qu'elles sont égales, car cette pièce, hormis le cagibi, est la plus exiguë, comme le salon rouge, la plus spacieuse de toutes. Il fut baptisé ainsi par Lucie en raison des oiseaux pensifs, dessinés sur le papier peint, au milieu de roseaux. En nommant les choses et les lieux de façon singulière, Lucie obtenait l'illusion d'une appropriation. Ils demeuraient alors gravés dans sa mémoire et elle les visitait « en imagination » quand elle le souhaitait, d'un coup de rêverie opportune, lorsque le quotidien lui devenait importun et qu'elle s'immobilisait soudain, en proie à l'excitation d'une vision ou d'une inspiration soudaine...