L'Institut international de coopération intellectuelle et le Brésil (1924-1946) : le pari de la diplomatie culturelle

L'Institut international de coopération intellectuelle et le Brésil (1924-1946) : le pari de la diplomatie culturelle

L'Institut international de coopération intellectuelle et le Brésil (1924-1946) : le pari de la diplomatie culturelle
Éditeur: IHEAL CREDA
2009168 pagesISBN 9782915310863
Format: BrochéLangue : Français

Dès les années 1920, le Brésil élabore les outils d'une

diplomatie culturelle, suivant ainsi de près la France et

devançant bien des pays dont les États-Unis. Il le fait

notamment par le biais de l'Institut International de

Coopération Intellectuelle, ancêtre de l'UNESCO créé

sous les auspices de la Société des Nations.

Le présent ouvrage étudie les modalités de cette participation,

ainsi que ses motivations. On découvre un

Brésil soucieux de son image à l'extérieur, désireux de

briser le cliché d'un pays encore «dans l'enfance de la

civilisation». On retrouve là les termes du débat sur

l'identité brésilienne qui agite les milieux intellectuels

brésiliens dans l'entre-deux-guerres, désireux de briser

l'hégémonie du «modèle» culturel européen. Plus pragmatiquement,

l'élaboration d'une image positive à destination

de l'extérieur - clé de voûte du soft power -

doit permettre à ce pays, secondaire sur la scène internationale,

de servir son ambition d'y jouer un rôle plus

conséquent, mais aussi de favoriser les intérêts économiques

mis à l'honneur par le projet de développement

national de Getúlio Vargas à partir de 1930.

La participation du Brésil aux travaux de l'Institut est

également pour celui-ci un moyen de ne pas être totalement

absent de la scène européenne, malgré son

départ de la SDN en 1926. Cela lui permet, d'une part,

de garder une certaine autonomie vis-à-vis des États-Unis

et, d'autre part, d'offrir des garanties aux démocraties

soucieuses de voir le plus grand pays

d'Amérique latine développer ses relations avec les

régimes d'inspiration fasciste. La collaboration du

Brésil avec l'Institut peut donc être comprise comme

une illustration de l'«équidistance pragmatique» qui

caractérise alors la politique extérieure brésilienne ;

mais cette politique est également destinée à acquérir

le prestige international nécessaire au leadership

régional, dans le cadre des relations interaméricaines.

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