La haute fonction publique au Gabon : les logiques de sélection d'une élite de 1956 à 1991

Au moment de l'accession à la souveraineté internationale, le
manque de techniciens suffisamment formés a largement contrarié le
dessein d'une haute administration au Gabon. Aussi aborde t-on les
modalités de désignation des élites administratives, mais encore la
persistance et/ou l'innovation de celles-ci au cours du temps. A cet
effet, trois hypothèses sont privilégiées : une sélection au mérite, une
cooptation fondée sur les particularismes sociologiques et un choix
influé par des affinités de type parentale, amicale, scolaire... En effet,
de la décolonisation à l'indépendance, la mise en place d'un corps de
dirigeants administratifs a constitué un problème récurrent au sein de
la fonction publique. Cette perspective a nécessité le recours
préférentiel à des cadres dirigeants qualifiés et chevronnés dans les
divers domaines d'intervention de l'Etat. Or, les modalités d'émergence
de cette élite laissent entrevoir une forte prégnance des logiques géo
ethniques. Ces dernières non seulement mobilisent plusieurs réseaux,
mais considèrent aussi de multiples critères. La compétence, le
parcours académique, les particularités sociologiques, les attirances
familiales et autres accointances idéologiques y figurent en bonne
place. Sans préconiser leur prééminence, il s'agit d'analyser leurs
agencements et impacts dans la cooptation ainsi que le déroulé de la
carrière des agents de commandement de l'administration à travers
l'histoire.