Regards croisés sur l'oeuvre poétique de P.E. Moundjegou Magangue

Pierre Edgar Moundjegou Magangue, immense poète gabonais
de la première génération, s'est éteint en 2011. Il manque, depuis,
la singularité d'un artiste qui a su si bien psalmodier la violence
récurrente des temps présents.
Devant le déclin du monde se forgent le chant de la contestation,
la ruine des silences, le rapatriement de la quiétude. Il faut donc
une prise de parole impérative pour témoigner et dire, du plus
profond de la servitude, l'affirmation de son humanité, de sa
liberté. Ce désir, cette volonté, fonctionne comme un impératif
catégorique sous couvert pseudonymique, en rapport avec
l'écart systémique, dans la posture d'une construction spatio-temporelle
des géographies recomposées ou encore dans
l'évocation mélancolique des figuralités différentielles de la Mère.
Cette attitude programmatique initie un discours nouveau dans
la littérature gabonaise de la première génération et totalise au
demeurant ce que les auteurs réunis ici, autour du Club Gabonais
du Livre de Paris, appellent, en gros, l'esthétique du coup de poing.
Le croisement des réflexions ici regroupées porte sur l'oeuvre
du premier des poètes gabonais, Pierre Edgar Moundjegou
Magangue.