Cent portes battant aux quatre vents

Je déjeunais dans un restaurant
de la place Toudouze lorsque je découvris
ce qui manquait. Un amant. Un amant
pour de vrai, avec mots doux, imposition
des mains et tout le saint-frusquin.
Comment n'y avoir pas pensé plus tôt ?
Pourquoi avoir ressassé pendant
vingt-cinq ans un amour impossible ?
Et pourquoi, tout ce temps durant,
s'être imposé une désespérante vie
sans chair, désolée et blanche ? De retour
à Paris, Brynhildur se remémore
ses années de jeunesse, les eaux froides
où l'irrésistible Islandaise a perdu
son professeur de grec, et son érotisme
avec. Sur le ton d'une confession
indécente, un esprit libre et narquois
fait le bilan d'une vie dont l'amour
est la clé. L'amour et son manque.
Rieuse, insolente, Steinunn Sigurdardóttir
explore en magicienne les troubles
de la passion et les outrages du temps.