Lettres du Borda, 1892-1895

Fistot, ancien, grand ancien, tel est le périple du «Bordache», parcours obligé de l'élève
officier de la Royale intégrant l'Ecole Navale.
Les carnets du capitaine de vaisseau Seignette restituent sur le vif - à l'intention de sa
soeur - le temps de la «marine en bois» opposée à la «marine en fer» où « un
appareillage à la vapeur (était jugé) frustrant et laid ». En outre « naviguer en
crachotant un peu de suie et de vapeur dans les plis de la toile, semblant prendre l'air en
fumant sa pipe... (apparaissait comme) le détestable laisser-aller d'une personne de
mauvais genre ».
Le baptême de l'eau salée n'était pas à l'époque de tout repos : « impossible d'aller à
l'exercice en canot ou en corvette, sans rencontrer un vent à prendre deux ris, des
paquets de mer, des embruns et revenir trempés comme des croûtons dans la soupe ».
L'ivresse de naviguer tenait l'esprit du marin en quête « du bruissement du flot que l'on
déchire, du souffle vibrant de la toile tendue émaillé parfois du frêle tintement de la
cloche emporté par le vent ou le cri éraillé d'un oiseau de mer... ».
Conditions de navigation révolues depuis un bon siècle, aujourd'hui seul demeure l'oiseau !