Vie de Néron

«Occidat dum imperet !», «Qualis artifex pereo !», de petites
phrases passées à la postérité, emblématiques du règne
et de la personnalité de Néron : un empereur sanguinaire
qui n'hésita pas à faire assassiner sa mère Agrippine,
son frère Britannicus, son précepteur Sénèque, jusqu'à Rome,
à laquelle il mit le feu. Mais Néron est aussi l'empereur-acteur
qui fit passer la scène théâtrale avant la scène politique.
Voilà l'image que nous rendent les historiens de l'Antiquité,
et plus particulièrement Suétone dans les Vies des douze Césars.
Malgré les critiques à l'égard d'un auteur qui a toujours souffert
de la comparaison avec Tacite, en raison de son goût
pour l'anecdote, la rumeur et le roman noir, l'oeuvre de Suétone
a si bien traversé les âges qu'il est aujourd'hui difficile
pour les historiens de rétablir de Néron une autre image.
Pourtant, lorsqu'on étudie la Vie de Néron , on s'aperçoit que
Suétone n'est pas aussi impartial et factuel qu'il l'a longtemps fait
croire et que c'est bien un portrait à charge qu'il dresse de Néron.