L'introjection et le transgénérationnel : connaissance de soi et aliénation

Ce livre montre de quelle manière le passé non assimilé psychologiquement, ni par nous-mêmes ni par nos aïeux, continue à nous affecter. A travers des symptômes plus ou moins importants ou par la répétition de certaines situations, les histoires restées en suspens se rejouent dans notre vécu. Bien que déformées, elles restent actuelles et nous interpellent pour nous offrir de les assimiler, voir de les réécrire.
La présentation des phénomènes transgénérationnels proposée par l'auteur débouche sur une nouvelle vue d'ensemble. Tout d'abord, celle-ci accorde la priorité à notre capacité à intégrer les héritages de nos aïeux, c'est-à-dire à les introjecter. Cette faculté à introjecter correspond au travail psychologique naturel et spontané qui tente de donner un sens à notre vécu. Dans le cadre d'un travail d'émancipation de nos héritages transgénérationnels, il importe de soutenir et d'approfondir ce travail d'introjection.
Il faut, de plus, intégrer le fait que les dynamiques transgénérationnelles, qui opèrent au sein d'une famille, se greffent elles-mêmes sur des transmissions culturelles plus fondamentales. Ces dernières méritent donc d'être prise en compte, raison pour laquelle cet essai se base sur une analyse de notre culture patriarcale. En effet, cette dernière se caractérise par le refoulement des conflits oedipiens, un manque d'introjection répété de génération en génération à titre de norme collective. En élucidant la nature transgénérationnelle de la problématique oedipienne, l'impact des rapports de filiations non introjectés devient plus compréhensible dans son ensemble. La portée des analyses transgénérationnelles apparaît ainsi dans toute sa richesse. Elle permet de remonter jusqu'au fameux « malaise dans la civilisation » et vers les origines de la psyché.
Contrastant le registre symbolique à celui symptomatique, cet essai offre une alternative aux connaissances abstraites, dogmes, jugements et autres systèmes de croyances. Ici ce sont les phénomènes transgénérationnels qui « parlent ». Mieux les comprendre, c'est y prendre une part active et réécrire sa propre histoire.
Ce livre contribue au développement d'un nouveau et vaste domaine de recherche. L'auteur propose de définir cette science de l'introjection par le mot « psukhélogie », où l'emploi du grec « psukhé », (qui est à l'origine du mot latin « psyché »), rappelle quelque chose du projet oublié de la psychologie comme connaissance de l'âme humaine.