Les risques majeurs aux Antilles : approche culturelle et prévention sociale

Dans sa remarquable étude sur la perception de la nouveauté chez
Christophe Colomb, le professeur André Saint-Lu a montré que l'exubérante
nature tropicale et la beauté de ces nouvelles îles fortunées s'organisent
autour de six thèmes majeurs : la luxuriance d'une végétation
idéalement verte..., l'harmonieuse alternance des montagnes altières et
des vallées amènes..., l'abondance et la limpidité des eaux..., le doux
arôme des fleurs et des arbres..., le charmant ramage des oiseaux..., la
suavité printanière de l'air.
L'éloge de la nature est un thème récurrent dans les Belles-Lettres
antillaises. Mais l'envers du décor nous est marqué sous la plume de
Christophe Colomb lors de son second voyage, où cette fois son
immense flotte donne fond à Marie-Galante au lieu de l'île promptement
baptisée Dominique, le 3 novembre 1493, en raison d'un inquiétant
ouragan, du nom qu'il a rapporté de la bouche des insulaires «amérindiens».
Dès cette époque, la triade tropicale des risques majeurs
- cyclone, séisme et éruption volcanique - révèle l'extrême vulnérabilité
de ces «îles inutiles», les Petites Antilles, au sens où l'entendaient
les gouvernants espagnols qui les avaient abandonnées.
Par son caractère pluridisciplinaire et l'entremêlement des thèmes
abordés, l'ouvrage que l'on va lire est une contribution à l'analyse des
risques sous l'angle de l'approche culturelle autant que de la prévention
sociale.