L'argent des autres : le cautionnement dans le monde romain du IIe siècle avant J.-C. au Ier siècle après J.-C.

L'argent des autres : le cautionnement dans le monde romain du IIe siècle avant J.-C. au Ier siècle après J.-C.

L'argent des autres : le cautionnement dans le monde romain du IIe siècle avant J.-C. au Ier siècle après J.-C.
Éditeur: Via romana
2015489 pagesISBN 9782372710114
Format: BrochéLangue : Français

«Le droit, les historiens de Rome en parlent beaucoup, mais peu le

connaissent vraiment, surtout quand il s'agit du droit privé. Pourtant, les

indifférents ont grand tort, car ils trouveraient dans cette discipline

beaucoup d'informations sur la société. Il y a plus. Un des mérites de

Jean-François Chemain est de montrer que cette discipline peut aussi

éclairer les lecteurs sur la politique et sur la vie économique.

«On sait que la caution est une garantie que donne un homme riche : il

s'engage à rembourser le prêt accordé à plus pauvre que lui, au cas où ce

dernier serait défaillant. Ce que montre L'argent des autres, c'est que cette

pratique était courante et qu'elle avait des implications multiples. Pour

comprendre cette situation et sa complexité, il nous fait traverser un dédale

de lois : leges Publilia, Appuleia, Furia, Cicereia et Cornelia. En ce qui

concerne l'histoire sociale, nous voyons que celui qui se porte caution peut

être un parent, un ami, ou encore le patron dans le cas où le bénéficiaire

est tenu par des liens de clientèle. C'est ainsi que Cicéron a manifesté sa

bienveillance à l'égard de son cercle d'intimes et d'obligés. Mais on trouve

aussi l'austère Caton d'Utique, qui lui aussi n'était pas sans relations, et en

politique le riche Crassus qui s'est porté garant pour le "pauvre" César. En

bon historien, Jean-François Chemain respecte la chronologie : après la fin

de la République apparaît la fideiussio. On donne ce nom à la forme la plus

large de garantie personnelle ; elle se traduit par un acte oral fondé sur la

fides, c'est-à-dire sur la valeur morale la plus absolue des Romains, la

loyauté.

«Un autre point paraît devoir être mis en valeur : les modernes

s'extasient volontiers devant l'urbanisation des anciens. Sait-on que ce

phénomène a été rendu possible en partie grâce à la pratique du

cautionnement ?

«Pour nous conduire à travers ce dédale, il faut un guide expérimenté et

formé au droit privé et à l'histoire. Jean-François Chemain remplit ces

conditions.»

Yann Le Bohec

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