Première dame, second rôle

Dans les démocraties, la Première dame, épouse du dirigeant
politique, n'a aucun statut. À l'inverse de la femme du
Prince qui depuis l'Antiquité, en passant par la royauté et
la Révolution, avait un pouvoir reconnu par les institutions, celle
du chef de l'État est politiquement inexistante.
D'Eleanor Roosevelt à Jacky Kennedy et Michelle Obama,
d'Yvonne de Gaulle à Cécilia et Carla Sarkozy, les médias ont
cependant contribué à donner une visibilité à celle qui n'est
qu'apparence. Les hommes de pouvoir tirent bénéfice de l'exposition
de leurs compagnes, lesquelles, refusant de jouer les
«potiches», s'immiscent peu ou prou dans les affaires publiques.
Elles obtiennent ainsi une notoriété propre et par là même une
certaine légitimité. Les médias alors s'interrogent : quel rôle,
officieux à défaut d'être officiel, tiennent-elles du fait de cette
situation maritale ?
De plus en plus, ces personnages «dérivés» se trouvent en
concurrence avec les femmes politiques, dont le nombre s'accroît
et qui bénéficient, elles, de la légitimité démocratique. Effet de
miroir qui, en retour, nous incite à envisager une problématique
tout autre : qu'en est-il du rôle de leur époux ?