L'Art russe

L'Art russe
1991632 pagesISBN 9782850880292
Format: ReliéLangue : Français

L'ART RUSSE

Près d'un millénaire parcouru, depuis le baptême de la Russie au X<sup>e</sup> siècle jusqu'à l'aube du XX<sup>e</sup>, voici enfin reconsidéré l'ensemble du phénomène artistique russe, après des décennies d'études partielles ou partiales côté russe, et de silence, côté français. Jamais pourtant la Russie n'a cessé de croire en l'art. N'est-ce pas, dès l'origine, une fascination esthétique qui pousse Vladimir à faire le choix du christianisme oriental, enracinant le premier art russe dans la tradition byzantine sous le signe d'une beauté allègre, toute d'ors et de couleurs ?

A Kiev d'abord, puis à Vladimir, Novgorod, Moscou, architecture, fresques et icônes affirment un génie propre dont l'&#156;uvre lumineuse de Roublev constitue le sommet.

Après ce long Moyen Age, le XVII<sup>e</sup> siècle amorce la désacralisation de l'art. Événements et détails du réel envahissent la peinture religieuse, un goût nouveau se fait jour pour l'insolite, le merveilleux, l'exotique. En introduisant dans l'icône le clair-obscur, en modelant les visages, en donnant aux corps un volume, Simon Ouchakov ébranle l'édifice immuable de la tradition. Parallèlement naît un art du portrait qui pousse l'art profane hors des limbes, tandis que le baroque fait une première percée dans l'architecture.

Avec Pierre le Grand, ce qui était curiosité spontanée devient apprentissage forcé des traditions de l'Europe au service d'un art devenu affaire d'État. Pourtant, transposés sous le ciel du Nord, ordres, formes et styles se métamorphosent, donnant à Pétersbourg, la nouvelle capitale, et aux palais environnants leur physionomie sans égal.

Age d'or de la culture russe, le XIX<sup>e</sup> siècle voit l'essor de l'architecture Empire, du portrait et du paysage romantiques, les grands cycles d'Ivanov. Née avec Venetsianov, la peinture de genre devient un miroir critique de la réalité que les Ambulants tendent au peuple. Mais le génie de Répine et de Sourikov fait de la peinture d'histoire, en même temps qu'une interrogation inquiète sur le destin de la Russie, le champ d'une superbe expérimentation formelle. A la fin du siècle, le symboliste Vroubel préfigure le cubisme avec une perception cristalline du réel qui fascinera Picasso, tandis que les artistes du Monde de l'Art, éclectiques et pourtant si russes, rendant l'art à sa vocation de « festin pour les yeux », préparent l'explosion des Ballets russes. Elle va entraîner bien au-delà de ses frontières un art fécondé à la fois par l'Orient et l'Occident, qui participe en premières lignes à l'aventure du XX<sup>e</sup> siècle.

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