Gustave Flaubert : un monde de livres

«Il est 1 heure du matin. Je ne sais pas comment je n'ai pas la poitrine
défoncée, depuis 4 heures que je hurle sans interruption», écrit Flaubert à
son ami Louis Bouilhet en 1852.
Enfermé dans son cabinet de travail de Croisset qui donne sur la Seine,
Flaubert reste très tard la nuit à écrire, à travailler son style, à «gueuler» ses
phrases, comme il dit, en quête du bon rythme, du «mot juste», chassant les
assonances et les répétitions.
Comment ce fils de médecin, élevé à l'Hôtel-Dieu de Rouen, jeune rentier destiné
au droit, apprendra-t-il à mener le scalpel dans une tout autre discipline,
la littérature ? Comment cet ours retiré du monde et de ses turpitudes
deviendra-t-il l'auteur des chefs-d'oeuvre que l'on sait ? Ce livre, à travers
quelque cinq cents documents réunis (manuscrits de jeunesse, brouillons
surchargés des romans, extraits de la correspondance, des carnets de voyage,
photographies d'époque, articles de presse, gravures, objets, etc.), donne à
voir l'élaboration d'un destin littéraire sans égal.
La vie de Gustave Flaubert, qui s'est si souvent élevée contre son temps et
son milieu (la médiocre bourgeoisie), est intimement mêlée à la compagnie
des livres : ouvrages, albums, recueils, traités, récits, chroniques... Il y a les
livres que Flaubert a lus et relus toute sa vie et qui ont forgé son amour pour
la prose, et ceux qu'il a abondamment utilisés pour l'écriture de ses oeuvres.
Cet ouvrage met ainsi l'accent sur l'écrivain au travail, sur sa méthode ,
compilant, annotant, composant, corrigeant sans cesse jusqu'à atteindre la
Beauté et le Style.