Le placard

Un trentenaire, après des années de formation et de vaines
tentatives, trouve enfin un emploi auprès d'un laboratoire public.
L'unique tâche qui lui est confiée étant de vérifier le matériel livré
chaque matin.
Ses journées se passent ainsi, dans la contemplation du vide.
Pour tromper l'ennui, il déambule dans le bâtiment et ouvre
le placard n° 13. Là, il trouve des dossiers stupéfiants sur les
«symptomatiques», cohorte étrange où se mêlent un «hibernaute»
qui a dormi 172 jours, un Pinocchio dont le doigt de bois - une
prothèse - reprend chair et sang, un néo-hermaphrodite capable
de se reproduire seul et quelques buveurs de pétrole et mangeurs
d'acier. Mais le placard n° 13, qui accueille ces cas délirants, est
surtout la boîte de Pandore du monde à venir. Les symptomatiques
sont les pantins perdus qui font face à la réalité de notre monde.
Peinture incisive de notre société, satire féroce, Le Placard
s'inscrit dans la lignée des Temps Modernes de Chaplin. Drôle
et mordant, mariant avec talent dérision, humour et tendresse,
Kim Un-su donne au narrateur une distance particulière. On pensera
aussi à Céline, peut-être et surtout à Voltaire et son Candide.