Panique à l'Impérial palace ! : chroniques de l'agitation culturelle, 1968-1975

Sept ans de bonheur...
Marseillais d'origine, Michel Carvallo, de
noble extraction, était promis à une carrière
de rêve : visiteur médical.
Hélas ! La lecture subversive d'Alfred Jarry,
Henry Miller et autres Alphonse Allais a détourné de sa voie
royale cet espoir du patronat français, achevé par la survenue
maléfique de Mai 68. Jetant son costard trois pièces aux
orties, notre héros, basé à Annecy, est devenu la cheville
ouvrière (sans se la fouler) d'un mouvement collectif au service
d'une culture déjantée qui frappait tous azimuts les notables
savoyards et essaimait partout : Annecy Jazz Action. Avec
un leitmotiv : l'humour et la décontraction. Comme l'avait
chanté Vian, phare de l'époque : "Ce qui m'intéresse, ce n'est
pas le bonheur de tous, c'est le bonheur de chacun !".
Sept ans de faits et méfaits, détournements et gags, s'ensuivirent,
autour d'une zizique afro-américaine : le jazz. Susciter
des vocations de swingueurs chez les bergers et faire venir
Sun Ra et son Intergalactic Arkestra ou Soft Machine au pays
de la raclette n'est pas à la merci du premier bas-blêt venu !
Cette dérive quasi-situationniste, de 68 à 75, Michel nous la
raconte avec un souci du détail confondant et une mémoire
d'éléphant africain, oeuf corse ! Cette chronique réjouissante
de l'agitation culturelle dont il fut l'un des précurseurs en
France, prouve que tous les soixante-huitards ne sont pas
devenus bobos ou directeurs de journaux, mais que la plupart,
anonymes, ont réellement essayé de «changer la vie» en
changeant d'abord la leur. "Amusons-nous, faisons les fous",
chantait-on en 68, "la vie passera comme un rêve".
Ce qu'elle a fait.