Le testament syrien : valse avec Roland : lettres électroniques au philosophe nihiliste, joueur d'échecs et de ping-pong, Roland Jaccard

«L'après-midi est paisible. Un peu de vent déplace un journal
publicitaire. Le faux-poivrier, devant mon balcon, a moins
belle allure que les années précédentes : fin décembre, il s'est
fendu en deux sous le poids de la neige. Le rouge-gorge de 11 h 49
n'y vient plus chanter...
Cinq messieurs devant la mosquée. Jusqu'à cinq personnes,
les réunions publiques sont permises en Syrie, tout va bien.
Je ne crois pas qu'ils complotent, ou alors spécialement : ils se
tiennent par l'épaule et ils s'embrassent. (Tant qu'on n'y interdit
pas les associations étroites, sans souci de genre, à deux, voire à
trois, un pays reste vivable de mon point de vue.)
Un balayeur vient d'abandonner sa poubelle rouge et vert à
deux tonneaux pour aller s'allonger derrière un arbre...»
A. B.
Les dames ont été malheureuses en 2011 : Alain Bonnand, qui
habitait Damas, qui vivait là, en direct, les débuts de la révolte
syrienne, a réservé tout son courrier à son ami le philosophe
nihiliste Roland Jaccard.
Quarante-sept lettres, comme autant de chapitres : L'enfumeuse.
Le soleil renonce à l'actualité. Prenons Marie, qui n'est pas
femme de chambre. Combien de Maud en Syrie ? Valse pour
un rachat. L'ambassadeur file au but. Petites poules à la guerre.
Ente foutdouli la koul ishi, habibi ? Barouf à Malki. Nizar est
connu au cimetière...