L'extrême-droite dans la Résistance. Vol. 2

Évoquant d'abord cette grande figure de la Résistance que fut Pierre de Bénouville, compagnon de
la Libération, bras droit d'Henri Frenay à la tête des Mouvements Unis de Résistance (MUR) et général
FFI à vingt-neuf ans, Jean-Claude Valla raconte comment cet ancien camelot du Roi devenu
cagoulard a entraîné dans son sillage des jeunes gens venus des mêmes horizons politiques : Michel
et Alain de Camaret, Roger de La Grandière, etc. Mais aussi comment Bénouville, au poste clé qui
fut le sien, s'est opposé aux communistes et s'est appuyé sur d'anciens cagoulards engagés dans la
Collaboration pour tenter de pénétrer les intentions des forces d'occupation.
Jean-Claude Valla s'intéresse au rôle joué dans la préparation du débarquement américain en Afrique
du Nord par le «groupe des cinq», dont l'histoire a été si souvent réécrite pour tenter de faire oublier
que ses membres - Jacques Lemaigre-Dubreuil, Jean Rigault, Henri d'Astier de la Vigerie, le
colonel Van Hecke et Jacques Tarbé de Saint-Hardouin - étaient ce qu'on appellerait aujourd'hui
des hommes «d'extrême droite», trois d'entre eux au moins ayant même été cagoulards. Il les met
en scène, rappelle dans quelles circonstances ils ont pris contact avec le général Giraud après son évasion
de la forteresse allemande de Königstein et explique comment ils furent en partie grugés par les
Américains.
D'autres résistants tombés dans les oubliettes de l'histoire, parce qu'ils n'étaient pas conformes aux
canons résistantialistes, sont également évoqués, tels le duc Joseph Pozzo di Borgo, ancien cagoulard
et compagnon de tribune de Darquier de Pellepoix, ou Georges Valois, fondateur du Faisceau,
le premier parti fasciste français, mort à Bergen-Belsen le 18 février 1945, ou encore le colonel de
La Rocque que De Gaulle laissera interner après son retour de déportation sous prétexte de le préserver
de la vindicte communiste...
En nous entraînant dans les coulisses de la Résistance, l'auteur nous permet de mieux comprendre
pourquoi l'Organisation Civile et Militaire (OCM), la plus importante organisation clandestine de
zone nord, affichait encore, en juin 1942, un programme fortement teinté d'antisémitisme, cette « grande
pensée politique » dont parlait Georges Bernanos, lui-même rallié à la France libre sans avoir jamais
renié son maître Édouard Drumont. Les idées reçues volent ainsi en éclats. Un livre salutaire d'une
grande érudition.