Histoire de France. Vol. 10. La Ligue et Henri IV

«La première chose pour lui était de mériter la
royauté, au lieu de la prendre ; et, pour cela, il fallait
jeter Henri IV à la mer. Il y était acculé, au plus bas.
Et jamais, en réalité, son courage ne parut plus haut.
Regardons-le dans ce moment. La légende ici
n'est rien que l'histoire, et la fiction n'eût pu ajouter
à la vérité. [...]
Il attendit, mais à Arques, l'épée à la main, et, sans
s'étonner de la grande meute que la Ligue lançait
après lui, il justifia la devise qu'il prit enfant : "Vaincre
ou mourir".
Il semblait qu'il n'eût plus en France que les
quelques toises du camp retranché qu'il se fit près
de Dieppe, sous le château d'Arques. Roi sans terre,
il n'avait plus qu'une armée, plutôt une bande. [...]
C'est ce qui fait ici la beauté, le sublime de la
situation. Il n'avait rien, il avait tout. Dans sa faiblesse
et son petit nombre, il avait, en réalité, la base
immense d'un peuple, dont seul il défendait le droit.»