L'Algérie pays immergeant : d'un géant sur papier à un géant en papier

L'Algérie pays immergeant
D'un géant sur papier à un géant en papier
La victoire contre la France dans la guerre totale qui a conduit à l'indépendance a laissé croire que nous sommes capables de miracles et qu'à ce titre nous ne pouvons jouer que dans la cour des grands. C'est pourquoi les autorités de l'époque se dépêchèrent d'annoncer l'ambition de rattraper les pays développés en une vingtaine d'années, à peine, pour peu que le peuple consente à quelques menus sacrifices. Le pays qui comptait 12 millions d'habitants dont 80 % sont complètement analphabètes, avec un PIB de 2 milliards de dollars, s'en va à la guerre contre le sous-développement la fleur au fusil et la foi du charbonnier quant au succès de l'opération. Un pharaonique programme d'industrialisation est mis oeuvre en 1966, qui a imposé des sacrifices énormes à la population et a englouti des sommes astronomiques, sans donner à l'économie l'élan nécessaire pour quitter la case de départ. Un demi-siècle après, l'agriculture est moribonde, l'industrie n'existe que sous forme de traces, l'école est sinistrée, la ville est au mieux un dortoir au pire un mouroir et le pétrole est devenu une drogue douce à laquelle le peuple algérien est totalement accro. Le pays va mal et les dirigeants sont les seuls à ne pas le savoir. Le présent travail n'est ni un bilan ni un « livre blanc », mais une sorte de témoignage pour qu'il ne soit pas dit que personne ne l'a dit : « là où va l'Algérie », a tout l'air d'une impasse.