Sur la terre des Mongols

Si l'histoire des peuples nomades de l'Asie centrale a pu s'écrire au fil des siècles
dans une dizaine de graphies différentes, seule l'écriture appelée «vieille lettre»,
«ouïgoure» ou «khudam» s'est pérennisée chez tous les Mongols de l'Asie centrale.
Héritée des Araméens, cette écriture étonnante emploie un alphabet sémitique, mais
s'écrit de haut en bas comme le chinois et se lit de gauche à droite comme le latin.
Sur la terre des Mongols donne l'occasion à cette écriture, tombée en disgrâce en
1941, puis réintroduite en 1991 après la chute du bloc soviétique, de sortir enfin de
l'ombre et de présenter sous un angle nouveau la culture de tout un peuple.
Le travail du calligraphe Samandbadraa Purev illustre des sentences et maximes qui
rythment le quotidien nomade, tandis que les délicates illustrations à l'encre de
Bayar-Od Byambarenchin apportent leur contrepoint graphique à des extraits d'un
Voyage en Mongolie entrepris par un couple d'ambassadeurs français au XIX<sup>e</sup> siècle.
Leur description enthousiaste des paysages et des hommes paraît étonnamment
contemporaine, tant ce monde des steppes semble immuable.