Croque-vie

Nul doute que le lecteur aura plaisir à retrouver Croque-Vie, ce
personnage rencontré dans «Casimir l'Ardéchois», premier tome de la
saga romanesque écrite par Guy Dürrenmatt.
Nous avions laissé sa famille, le vieux Casimir (parpaillot républicain
de la seconde moitié du XIX<sup>e</sup> siècle), sa femme Lydie et leur petit-fils
«Calamité» (Raymond Crouze de son vrai nom), tandis que ce dernier
quittait le logis familial du hameau de Rebatet pour aller louer ses services.
C'est le temps des premiers sous gagnés chez le meunier de Mariguet, des
premières amours, puis celui de l'armée. Il partira trois ans en Afrique,
comme zouave et c'est là-bas, sous le soleil et les drapeaux, que
Calamité recevra le surnom de Croque-vie.
À son retour, il participera à la construction de la voie
ferrée du Mastrou, d'abord comme manoeuvre puis
comme employé aux écritures.
Nous quitterons de nouveau «Calamité
- Croque-vie» alors qu'il achète une
épicerie à Lamastre après avoir fêté
ses accordailles - à l'ardéchoise -
avec Bertille, héroïne du prochain
tome à paraître.
Ce roman, ponctué de vieux
dictons en patois de là-haut,
porte un regard à la fois
curieux et tendre, souvent
inattendu sur la vie de
toute une région.
Guy Dürrenmatt, dont
la mémoire est riche en
souvenirs, nous offre
une fois encore un
ouvrage savoureux et
réjouissant.