Lettres à J.-J. Rousseau sur la Nouvelle Héloïse

Julie, ou La Nouvelle Héloïse connut, lors de sa publication en
1761, un succès sans guère de précédents dans l'histoire
des lettres françaises et, jusqu'à la fin du siècle, quelques
72 éditions.
Roman d'amour, mais aussi roman-somme et livre-guide,
synthèse aimable des idées de Rousseau qui devient aux yeux de
ses lecteurs une sorte de saint laïc et le maître des âmes
sensibles qui ramenait à la vertu les coeurs égarés par la passion.
Critiqué, parodié, raillé parfois par les professionnels de la
critique, victime des sarcasmes de Voltaire, ce grand roman n'en
eut pas moins un formidable impact sur le public et une
influence qui se fera sentir jusqu'au romantisme. La Nouvelle
Héloïse devra son succès à ce public dont, pour la première fois,
on connaît les réactions spontanées par les lettres d'admirateurs
connus, obscurs ou anonymes. Lettres étonnantes, qui ne sont
que spasmes et sanglots, délire, larmes de tendresse et de
bonheur. Rousseau a eu l'intention de publier ces lettres qu'on
rassemble ici, accompagnées d'un dossier contenant les comptes
rendus parus dans la presse de l'époque.