Mons : la septième porte : comment l'arrivée du chemin de fer a donné naissance à un nouveau quartier montois

En raison du rôle de place-forte qui lui avait été dévolu au cours des temps, dans le but de verrouiller la route menant
à Bruxelles et aux Pays-Bas contre les Français, envahisseurs historiques de nos contrées, la ville de Mons est restée
enfermée derrière de puissantes fortifications pendant près de six cents ans.
De ce fait, aussi étonnant que cela puisse paraître, l'enceinte médiévale
entourant la cité a subsisté jusqu'en 1816. Les divers maîtres de la ville - au
gré des conquêtes et des reconquêtes - s'étaient contentés jusque là d'élargir et
renforcer le dispositif existant par de vastes constructions, lesquelles s'étendaient
parfois loin dans la campagne environnante, mais toujours en laissant debout
l'ancienne fortification du Moyen-âge, ainsi que ses six portes. Ce n'est, en
effet, qu'au cours du premier quart du 19<sup>e</sup> siècle qu'elle fut complètement rasée
pour permettre l'édification d'une nouvelle enceinte dont la configuration
parfaitement équilibrée n'avait pu tenir compte de l'ancienne défense, bien
qu'elle restât très proche de celle-ci. Ainsi, pendant près de 600 ans (de 1289 à
1865), la ville est restée enfermée dans le même périmètre de fortifications.
Derrière ses murailles, Mons resta dès lors une petite ville de garnison
refermée sur elle-même jusqu'au jour où le roi Léopold I<sup>er</sup> et son gouvernement,
souhaitant soutenir l'industrialisation du pays, décidèrent de mettre en place
un réseau de chemins de fer pour relier les différents bassins industriels entre
eux et atteindre les pays limitrophes. Six cents ans après l'enfermement de la
ville dans une enceinte, une brèche allait être ouverte pour la première fois dans
celle-ci, car, dans l'esprit des autorités, la voie de chemin de fer devait arriver au
plus près de la ville et de ses habitants. Finalement, cette décision d'ouvrir la ville
à ce nouveau moyen de locomotion allait avoir d'importantes répercussions car
elle allait entraîner la transformation radicale de tout un quartier. Et pour cause,
car cette nouvelle entrée, cette septième porte, s'avèrerait la plus fréquentée de
toutes.
En raison de la topographie de la ville, seuls deux endroits pouvaient convenir à son implantation : le quartier du
Béguinage au sud et le quartier de l'arsenal au nord-ouest. Les deux formules avaient chacune leurs partisans et leurs
détracteurs, mais le choix définitif de l'emplacement de la gare se porta sur l'esplanade située derrière l'arsenal, au nord-ouest
de la ville, site qui permettait des ouvertures dans les deux sens sans devoir amputer aucun quartier. Contre l'avis
des militaires, on perça les murailles, et le rail arriva enfin à Mons en décembre 1841.
C'est cette longue et lente histoire que Philippe Yannart nous présente au fil des pages de cet ouvrage. Le récit,
agrémenté de nombreux plans et illustrations, nous dévoile la passionnante interaction entre un nouveau moyen de
locomotion qui connaîtra un vif succès et une petite ville moyenâgeuse. Il nous apportera toutes les explications sur
l'évolution qu'ont connue à la fois la gare de Mons et le quartier qui l'environne, désormais appelés à devenir le point de
liaison avec la ville moderne qui se construit par delà.