Claude Favre de Vaugelas : mousquetaire de la langue française, 1585-1650

Claude Favre de Vaugelas : mousquetaire de la langue française, 1585-1650

Claude Favre de Vaugelas : mousquetaire de la langue française, 1585-1650
Éditeur: Musnier-Gilbert
2003279 pagesISBN 9782910267629
Format: BrochéLangue : Français

Si la parole est le propre de l'humain, alors le «bien dire» et le beau langage

doivent être la meilleure expression de l'homme civilisé. Tout jeune,

Vaugelas, déjà fasciné par la langue française, le fut tout autant par la qualité

du langage telle que la prônait François de Sales : «Dites merveilles et

les dites mal et ce n'est rien ; dites peu et le dites bien, et c'est beaucoup !».

Alors ce gentilhomme savoyard émigré à Paris, dans les débuts du

XVII<sup>e</sup> siècle, voulut obstinément convaincre les Français de bien parler

leur langue. Encore fallait-il pouvoir survivre dans la pauvreté, et encore

gagner l'estime et la confiance de cette bonne société du temps par sa seule

vertu, en s'acharnant à bien servir, bien parler, bien écrire. Fils du président

Favre, jurisconsulte réputé, il est vrai que Claude Favre était da fina

casa et qu'à Paris il côtoyait les Grands. Il est vrai aussi que ce beau cavalier,

qui adorait - respectueusement - les dames, ne passait pas inaperçu

dans les salons. Il était même, comme le rappelle Molière dans Les

Femmes savantes , la référence du beau langage et, dans son sillage, on

s'appliquait à «parler Vaugelas». Son livre modestement intitulé

Remarques sur la langue française fit bientôt autorité, avec la caution de

l'Académie française, bien aise d'avoir en lui à peu de frais l'essentiel de sa

crédibilité, et par le dictionnaire dont il avait la charge, le meilleur instrument

de sa raison d'être. Lui pourtant ne «faisait jamais le maître» mais

les plus grands auteurs du temps se référaient à ses travaux. Ainsi devint-il

définitivement le meilleur artisan de la normalisation de notre langue

classique, d'où le français moderne est très largement issu.

Sa vie pourtant ne connut pas que les écritures et les salons. Elle ne fut pas

privée d'aventures à travers l'Europe, aux côtés de Gaston d'Orléans qu'il

suivait comme son ombre, étant chambellan de celui qui fut longtemps

l'héritier présomptif du trône de France. Il eut de bons amis et de moins

bons, mais il semble bien qu'il n'eut qu'un seul et grand amour. Pour

n'avoir pas accepté de devenir à Turin précepteur du jeune duc de Savoie,

il devint à Paris celui de ses cousins, les Savoie-Carignan chez lesquels, en

hôtel de Soissons, il s'éteignit en 1650, près de l'église Saint-Eustache où

Louis XIV venait de faire sa première communion.

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