La vie amoureuse de Stendhal

Le livre de Jean Mélia, refonte d'un précédent
ouvrage publié en 1902 chez Chamuel & Cie
intitulé précisément Stendhal et les femmes , date de
1909, époque où la critique stendhalienne était encore
balbutiante et où l'oeuvre de Stendhal commençait à
sortir de son purgatoire. Il a, on peut le supposer, permis
aux commentateurs ultérieurs d'échafauder toutes sortes
d'hypothèses psychocritiques, d'esquisser même une
lecture psychanalytique de Stendhal ; le fait est que, sans
pratiquer encore le culte de la textualité narratologique
ni ériger en dogmes quelques manies qu'on dira pompeusement
«structuralistes», sans être inféodé non plus,
précisément, aux grands concepts psychanalytiques qui
se feront jour quelque temps après et auront tendance à
réduire l'oeuvre littéraire à une mixture indigeste, le livre
de Jean Mélia sur La Vie amoureuse de Stendhal permet,
en vertu de la méthode claire et synthétique qu'il adopte,
de se faire une idée assez précise et fiable des rapports
qu'entretenait Stendhal avec les femmes.
La plupart des liaisons de Stendhal sont ici répertoriées
et «classées» : le chercheur comme le stendhalien
dilettante disposeront ici d'un outil intéressant et d'une
«base de données» des plus commodes.