Les romanciers congolais et la satire

En se proposant d'étudier Les romanciers congolais et la satire , le projet
majeur de ce livre est de montrer que les oeuvres littéraires de contestation et de
critique sociale contre les régimes postcoloniaux ont besoin de structures politiques
souples, qui permettent leur expression, en vue d'aider les gouvernants à faire une
autocritique permanente, en inventoriant ce qui va et ce qui ne va pas, en
préconisant des remèdes adéquats. Ce qui n'est pas le cas dans beaucoup de pays
africains. La démocratie est la condition sine qua non de l'existence d'une société
de liberté et de progrès. Cette étude dénonce la dictature des régimes qui règnent en
Afrique et leur caractère néfaste, déshumanisant et cruel, car elle freine le
développement de ce continent. Au total, en choisissant d'apporter un témoignage
sur le mal congolais et les mécanismes de la ruine de ce pays, ses romanciers nous
sensibilisent à la prise de conscience, car ce pays est l'un des pays naturellement
riches, devenu l'un des plus pauvres, tant ses richesses ont été confisquées par
quelques rapaces congolais et étrangers.
Les écrivains de la République démocratique du Congo/RDC ne sont pas
tellement connus par les Congolais. Bien plus, ils ne se sont pas encore imposés en
dehors du pays (quand on les compare à d'autres écrivains africains tels que
Léopold Sédar Senghor, Ahmadou Kourouma, Laye Camara, Sony Labou Tansi,
Ousmane Sembene, Chinua Achebe, Wole Soyinka, Tierno Monenembo, Henri
Lopes, etc.). Exception faite de quelques écrivains majeurs de la littérature
congolaise dont la réputation a déjà dépassé les frontières nationales, nous
songeons à Valentin Yves Mudimbe, Georges Ngal Mbwil a Mpaang, Pius Ngandu
Nkashama, Mukala Kadima-Nzuji, Clémentine Nzuji Faik Madiya pour ne citer
que ceux-là. Nous espérons que cet essai critique rendra tant soit peu service aux
étudiants et aux chercheurs intéressés par les littératures africaines.