Le partage du secret : cultures du dévoilement et de l'occultation en Europe du Moyen Age à l'époque moderne

Le secret et le dévoilement représentent les deux faces d'une même pièce, que
la littérature se plaît à mettre en scène. Paradoxalement, le secret ne peut
être identifié comme tel qu'au moment de sa révélation, même partielle.
L'idéal médiéval du partage du secret conférait à autrui une haute reconnaissance
dans une intimité pure de toute dissimulation. À la Renaissance, il cède la place
à une fascination nouvelle pour le secret, qui devient un instrument de contrôle
social et une technique de domination politique. Les oeuvres littéraires du
XV<sup>e</sup> au XVII<sup>e</sup> siècle révèlent la passion pour ce «tourniquet métaphysique du
secret», selon les termes de Louis Marin. Désormais, on exhibe simultanément
le pouvoir et la vanité du spectacle du secret, en jouant avec virtuosité de sa
propre dénudation.
Dirigé par Bernard Darbord et Agnès Delage, cet ouvrage pluridisciplinaire
retrace, sur la longue durée, les reconfigurations que connaît la culture du secret
en Europe, entre le Moyen Âge et l'époque moderne.