De la société à la symbiose : une histoire des découvertes sur les associations chez les êtres vivants. Vol. 2. 1920-1970

Dans les années 1920, s'est achevée une première étape de l'histoire de la symbiose,
que nous avons traitée dans notre premier volume. Comme il est impossible de trancher des
périodes aussi nettement, nous effectuons ici un retour en arrière, afin d'examiner les origines
de recherches qui se développent surtout après 1920-1930 (certaines symbioses chez les
insectes, les symbioses des algues et de la paramécie, les symbioses à algues bleues...). Puis,
cet ouvrage convoque les multiples descriptions des symbioses entre 1920 et 1950 environ :
algues, coraux, vers marins, unicellulaires, insectes, céphalopodes. Pendant cette période, ce
domaine de recherche paraît largement dominé par la figure emblématique de Paul Buchner
(1886-1978).
Cependant, les recherches abordées ici ne se limitent pas à l'histoire des classifications
et des descriptions morphologiques et embryologiques des symbioses. En effet, à partir
des années 1950, la recherche devient plus qualitative et les chercheurs examinent des
questions de métabolisme et d'hérédité chez diverses symbioses. Le thème de l'hérédité voit
ressurgir les débats sur l'hérédité et sur l'évolution non-nucléaire, thème lié à celui de la
symbiose. Enfin, les années 1960-1970 voient la révolution de la biologie moléculaire, avec
des conséquences inestimables pour la symbiose : la découverte des ADN mitochondriaux et
chloroplastiques va permettre de réhabiliter la théorie de l'origine symbiotique des organites
cellulaires. Ainsi, cette période 1920-1970 marque le développement d'un certain inventaire
des symbioses, puis la réinvention d'hypothèses visant à redonner à la symbiose une place
dans l'évolution du vivant mais aussi dans le métabolisme et les processus physiologiques.
L'épistémologue interroge l'histoire de la symbiose sous l'angle de la cohérence
progressive d'une connaissance pas seulement expérimentale, au sens du biologiste. En évaluer
la pertinence est sans doute son but. Le philosophe, en tant que philosophe, interrogera ici sur
l'opportunité d'une vision nouvelle des relations entre les vivants, sur la signification
d'interdépendances généralisées, de relations plus ou moins mutualistes...Nous n'avons fait
qu'ébaucher la question mais sous cet aspect, une histoire philosophique de la symbiose peut
sans doute aider à renouveler la pensée de l'écologie.