Le bonheur d'être soi-même

Le bonheur semble le but de tout être humain. On
ne peut guère l'atteindre qu'en étant «soi-même»,
c'est-à-dire en suivant ses dispositions naturelles pour
découvrir un trésor enfoui sous les idées convenues
accumulées depuis l'enfance. Ce trésor, c'est notre être
réel. Nous le pressentons lors des brefs moments de
joie, d'amour ou de paix. D'où une démarche
quotidienne qui consiste à observer et déceler ce qui
n'est pas soi-même : le «faux moi» dont Swâmi
Prajnânpad s'efforçait de libérer ses disciples. Ce sage
avait l'art «d'arracher les masques», selon ses propres
termes.
Mais le défi d'être soi-même et le bonheur de se
retrouver dans sa vérité simple, nue, réconciliée, n'est
pas une exclusivité védantique. C'est un aspect
universel du cheminement spirituel. En Grèce, trois
siècles avant Jésus-Christ, en Chine au IV<sup>e</sup> siècle, en
Inde au XX<sup>e</sup> siècle et, pour nous, Français du XXI<sup>e</sup>, se
chercher et se trouver reste le chemin de la paix intime.