Des mille collines aux neuf volcans (Ruanda)

Au terme d'un long séjour chez sa fille au Rwanda, à Astrida (Butare),
Marie Gevers publie en 1953 une relation qui tranche sur nombre de
récits d'époque tout en s'inscrivant dans leur logique, celle du regard
colonial. C'est que l'auteur y fait montre d'une extraordinaire acuité
d'attention aux êtres comme à la nature ; aux mots comme aux modes
de travail. Qui plus est, et dans une réelle volonté d'empathie, elle le fait
avec un constant souci de comprendre les différences entre ces cultures
et les siennes. Images multiples d'un pays peu avant les indépendances,
ce récit constitue à la fois un document et une méditation ; un hommage
au génie transformateur du peuple des collines ; une esquisse de
réflexion interculturelle au moment où ce mot n'était pas encore à la
mode. C'est en poète qu'elle scrute les populations et les choses, savoure
les lumières et les parfums, au travers d'une écriture qui tend à se mettre
au diapason d'un univers différent.