Notre dernier monarque : 1981-1995

Philippe Alexandre n'a jamais caché la fascination qu'exerçait
sur lui François Mitterrand, souverain à la fois donjuanesque et
romanesque, qui s'imposait avant tout par l'éclat et l'habileté de
son verbe. Pendant quatorze ans, il n'a cessé de l'observer et de commenter
son action, sans complaisance mais avec le sentiment constant de vivre
un grand moment de la dramaturgie nationale. Il a porté le même regard
lucide et souvent ironique sur les différents épisodes, les espoirs déçus, les
jeux subtils, les retournements de situation, les drames et les «affaires»
qui ont jalonné ses deux septennats.
Au fil d'un journal ponctué de réactions épidermiques, de coups de sang,
d'éclats de rire et parfois de moments de tendresse, Philippe Alexandre
fait revivre toute une époque, à travers la personnalité du chef de l'État,
comme de celle des grands leaders du moment, de Jacques Chirac et
Édouard Balladur à Michel Rocard, Laurent Fabius ou encore Martine
Aubry.
Brossées à chaud et sur le vif avec un talent inimitable, ce sont autant
de scènes d'une vie politique qui tient tour à tour du drame cornélien, du
vaudeville ou de la fable et dont chaque péripétie doit beaucoup à l'art
de gouverner d'un manipulateur hors pair.