Les Etats-Unis et la guerre d'Algérie

Ce livre bouscule notre vision de la guerre
d'Algérie, des rapports franco-américains de l'époque
et du général de Gaulle. Les États-Unis, qui cessent
de soutenir la IV<sup>e</sup> République en raison de son
incapacité à résoudre la crise algérienne, accueillent
favorablement l'arrivée au pouvoir du Général en 1958.
Mais, souligne Irwin Wall, de Gaulle ne se résout
que fin 1959 à accorder l'indépendance à l'Algérie,
tout en cherchant à la maintenir étroitement associée
à la France, et c'est largement sous la pression des
Américains qu'il en vient à accepter l'autodétermination.
Pour de Gaulle comme pour ses prédécesseurs,
la puissance de la France repose en grande partie
sur le maintien de son influence en Afrique du Nord.
Confortant sa position au sein de la Communauté
européenne, elle-même adossée à un ensemble fédéral
«eurafricain», cette influence semble essentielle
aux yeux de De Gaulle pour accéder à un «directoire
tripartite» au côté de la Grande-Bretagne et des États-Unis.
Dans cette perspective, l'indépendance
algérienne s'avère non pas un succès mais un échec
de l'homme du 18 juin, qui se verra contraint
de changer de politique étrangère après 1962.
Ces points de vue seront certainement discutés,
mais le traitement magistral que fait Irwin Wall
de l'abondante documentation qu'il a réunie
emporte la conviction.