Tessons de soleils

Cruel monde où une grande partie de l'humanité est
réduite au statut de l'homme-sans : sans domicile fixe,
sans sécurité sociale, sans papiers, sans emploi, sans
allocations et même sans poésie. Les dictatures, les firmes,
les banques s'acharnent, aiguillonnées par la boulimie
du pouvoir ou la course au profit, à briser le soleil qui
se lève dans chaque homme. Désorienté, l'homme-sans
«feuillette ses soucis comme il feuillette ses jours» et ne
pense même plus à la poésie. Pourtant grâce à l'éclair des
mots, au grelot du rythme, à l'invite du chant, il est peut-être
possible de recoudre les «Tessons» de ces «soleils»
éclatés. Ou tout au moins de ressusciter en l'humain une
certaine mélodie de l'existence.
Un ruban de mots qui se déroule comme un seul poème.
La langue est pure et rythmée, l'amour, la colère et l'ironie
composent une trinité pour donner plus de force au texte.